eMVC n°364 – A quoi est due la purge des small et mid-caps ?

Rédigé le 11 octobre 2018 par | Alerte Imprimer

Cher lecteur,

« Je gérais une centaine de millions d’euros il y a quelques mois. Suite à des rachats de la part de gérants, je ne gère plus que 70 millions d’euros ».

Ces propos, tenus par un gérant small caps qui refuse d’être identifié par crainte de subir de nouveaux retraits, illustrent bien la tendance actuelle sur les petites et moyennes capitalisations. Il n’y a aucun acheteur, ce qui explique les fortes baisses engendrées…

Cela fait des semaines que je vous alerte sur les difficultés de notre compartiment après des années de surperformance. Mais depuis quelques jours, il y a une sorte de capitulation.

Voilà pourquoi l’écart ne cesse de se creuser entre le CAC 40 et le CAC Small. Il y a désormais près de 14 points d’écart entre les deux indices (-16,5% et -3,2%), ce qui me fait dire qu’on assiste à un vrai krach sur nos valeurs…

Nous avons pris la liberté, ces dernières semaines, de réduire la voilure et de ne mettre que 2% à 3% sur nos recommandations.

Nous avons également vendu 1000 MERCIS, dossier sur lequel nous sommes très circonspects dorénavant et sur lequel nous enregistrons une lourde perte (-47%). De même, nous avons vendu HIPAY, notre pari Fintech, qui n’a finalement pas porté ses fruits.

Mais globalement, nos lignes baissent, non pas parce qu’elles ont un newsflow négatif, mais bien parce qu’il n’y a pas d’acheteurs…

Prenons par exemple CATANA… Le spécialiste de la plaisance vient de perdre près de 19% en cinq séances sans la moindre nouvelle. La dernière publication date de mi-juillet et le groupe avait confirmé ses objectifs, soit une croissance annuelle de 30% pour cette année et pour l’an prochain.

Mais dans un tel contexte, et si la chute perdure, nous ne pourrons nous contenter de cette explication. Il va sans doute nous falloir couper quelques lignes sur lesquelles il y a de grandes interrogations.

Citons notamment ATEME qui ne cesse de décevoir malgré une niche porteuse, celle des logiciels professionnels pour la vidéo, ou encore JACQUET METAL SERVICE, dont le statut de valeur cyclique peut faire peur dans ce contexte de guerre commerciale. Nous attendons que ces deux titres remontent pour nous faire des liquidités…

Mais pour le reste, il s’agit de très beaux dossier solides parmi les meilleures élèves dans leur catégorie. Les WAVESTONE, LINEDATA, XILAM ANIMATION, MEDIAWAN, CHARGEURS ou autres SPIE restent de très beaux dossiers sur lesquels les fondamentaux vont reprendre le dessus…

Ces sociétés n’ont pas des ratios financiers dégradés, sont rentables sur des niches porteuses. Alors bien sûr, la reprise boursière peut être longue à se mettre en place, mais cela ne serait pas logique de les vendre dans les cours actuels…

Et puis, il faut bien comprendre que la période actuelle avec des valorisations parfois bradées peut susciter des convoitises…

Après tout, n’a-t-on pas appris ce matin que Natixis s’intéresse à Ingenico, permettant à cette dernière de repartir à la hausse ?

Il est possible qu’à terme des dossiers comme ARTEFACT, idéalement placé dans l’Intelligence Artificielle, EUROPCAR qui a su se réinventer dans la mobilité ou encore FNAC DARTY soient absorbés par des concurrents, appâtés par de faibles ratios boursiers.

Dans cette période trouble, il faut tenir car nous sommes un peu protégés par un BX4, un tracker qui monte quand les indices baissent.

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Tenez bon, et courage.

Eric Lewin

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias, conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management, responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance, consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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